Vision de long terme & management collaboratif, les entreprises familiales ont tout bon

Vision de long terme & management collaboratif, les entreprises familiales ont tout bon – Par Gwendoline Avoisin  lundi 22 avril 2013 11:30 – Fil info économie matin

A posteriori, on s’aperçoit que la structure et le mode de gestion des entreprises familiales les rendent plus résistantes à la crise économique. Les entreprises familiales résistent encore et toujours à la crise. C’est que bien avant que les experts vantent la vision de long terme et le management collaboratif, les entreprises familiales avaient ces deux éléments inscrits dans leur ADN.

La dernière étude d’Ernst & Young réalisée dans 33 pays et publiée le 21 janvier montrait que les entreprises familiales offraient une belle résistance face à la crise. 60 % des entreprises interrogées déclaraient une croissance de plus de 5 % entre juillet 2011 et juin 2012, et une sur six une croissance d’au moins 15 %. Une résistance d’autant plus remarquable que les ¾ des entreprises interrogées sont implantées aux Etats-Unis ou en Europe, où l’environnement économique est plus délicat.

Une vision de long terme, le premier facteur de réussite

Cette réussite, les entreprises familiales la doivent principalement à un modèle s’appuyant sur une vision de long terme. Selon l’étude Ernst & Young, 58% des dirigeants interrogés citent le long terme comme le premier facteur de leur succès.

Pour autant, ce n’est parce que ces entreprises adoptent des perspectives de long terme qu’elles se condamnent à la torpeur. Elles adoptent simplement une temporalité inscrite dans une logique générationnelle. Elles s’offrent même au contraire de meilleures chances de réussites en innovant avec prudence et pragmatisme.

Pour Alain Bloch, professeur à HEC et au Cnam, interrogé sur les Echos «Ils (les entrepreneurs familiaux) agissent en faisant preuve à la fois de dynamisme entrepreneurial mais aussi de prudence patrimoniale. Ils sont audacieux mais prudents, axés vers le profit mais généreux, dur au travail mais sociaux, internationaux mais avec des racines fortes. lls ont également une hiérarchie des valeurs totalement opposée aux entreprises dont l’actionnariat n’est pas ou plus familial. Ils privilégient la pérennité à la performance. Ces comportements vertueux leur permettent d’assurer la longévité de leur entreprise et de mieux résister aux chocs ».

Deuxième facteur de succès : une capacité d’adaptation aux évolutions de l’environnement économique. Parmi elles figurent les nouvelles économies émergentes perçues comme une opportunité d’ouverture de nouveaux marchés.

Cette étude fait aussi valoir que c’est l’indépendance financière de ces entreprises qui leur a permis d’essuyer les revers de la crise. La plupart d’entre elles maintiennent la main mise sur leur capital et n’ont pas de comptes à rendre à des actionnaires. Pour celles qui le font, elles font preuve de parcimonie dans la distribution de leurs dividendes et limitent leur endettement. Cette gestion de leurs ressources leur permet de ne pas être déstabilisées par l’imprévu.

Associer les collaborateurs hors famille aux décisions

Cette étude est venue confirmer les observations qu’avait déjà faites KPMG en avril 2012. Le cabinet de conseil avait ainsi relevé que les dirigeants d’entreprises familiales devaient faire face à de nouveaux enjeux : Il état notamment question pour 80 % d’entre eux de changer leur mode de gouvernance en recrutant des cadres dirigeants et des administrateurs extérieurs à la famille.

Des intentions qui se sont matérialisées depuis puisque Ernst & Young a montré que ces entreprises associaient davantage les cadres hors famille aux décisions en considérant qu’être membre familial n’est pas un gage de compétence. Elles continuent par ailleurs de considérer les collaborateurs comme une source de fiabilité Une gestion des ressources humaines qui s’apparentent finalement peu ou prou aux nouvelles théories du management collaboratif.

Parce que les entreprises familiales sont des acteurs potentiels de la relance et qu’elles font face à de nouveaux défis, KPMG International a mis en place un centre d’excellence mondial qui leur est dédié, basé à Paris. Faisant intervenir des professionnels KPMG et des experts indépendants, ce centre a pour but de regrouper et de partager les savoir-faire et les connaissances de ce type d’entreprises.

Alors que les entreprises familiales étaient regardées il y a eu comme des modèles un peu ringards, on se rend compte aujourd’hui qu’elles étaient naturellement programmées pour résister à la crise. Elles ont appliqué de fait des préconisations entendues aujourd’hui, un peu après la bataille, dans la bouche de tous les experts. Un gestion de bon sens faite d’équilibre et de modération qui vont leur permettre de se développer en dépit de la conjoncture.

Performance des entreprises familiales Etude Ernst & Young 2013